Le comportement de Sparks
[Notes initiales sur lesquelles Juha et moi nous étions entendus. La version présentée de Sparks suit à la lettre ces notes, à part le fait que dans la représentation, on ne voit pas le public dans l'écran. l'Image-Lumière a ensuite reçu le nom de Sparks, à cause de sa dymanique.]
Une histoire d'amour entre le danseur et son Image-Lumière, son double en image, qui lui échappe parfois. Mon Autre.
L'écran face au public, le danseur dans les coulisses. Sur l'écran, une image miroir du public, avec la scène au milieu, mais pas de danseur. L'écran est un miroir de la salle. Il y a des étincelles de lumières qui errent sur l'écran.
Le danseur arrive dans l'espace entre l'écran et le public. Mais on ne le voit pas sur l'écran-mirroir. A sa place, dans le miroir, les étincelles de lumières se sont rassemblées affectueusement pour former un amas de lumières virevoltantes, ayant plus ou moins la forme du danseur. C'est son Image-Lumière. Son Autre-Lumière. Lui-même, aussi, mais dans l'autre monde, celui des images.
Il bouge, les étincelles suivent ses mouvements. Le nuage se contorsionne, amplifie les mouvements du danseur. C'est un jouet pour lui. Il s'admire, si beau. Il y a tant d'énergie, tant de plaisir dans le mouvement. Les lumières dansent avec lui, elles s'élancent, elles reviennent, vite. Symbiose, jeu, complicité.
Puis elles s'éloignent de plus en plus, elles commencent à prendre leur liberté. Elles ont l'air de vouloir s'amuser toutes seules. L'Image-Lumière se détache du danseur. Doucement, en revenant souvent. Mais elle finit par partir complètement.
Elle refait des mouvements anciens. Des bribes de mouvements connus. Toute seule. Elle s'amuse. Elle se moque. Elle se souvient aussi.
Elle finit par aimer cela. Elle s'éloigne. Elle a même peur du danseur qui tente de l'approcher. Elle tient à sa liberté. Mais elle finit par revenir. Puis elle repart. Elle est fantasque.
Lui, faussement méprisant, tente de la séduire. De l'approcher. Elle fuit, ou non, selon.
Mais elle revient toujours, au bout du compte. Et lui finit par se lasser
d'elle.
Il sort de la piste. Elle est triste. Elle refait les mouvements anciens.
Elle finit par mourir de solitude.
Jusqu'à ce qu'il revienne.
Antoine Schmitt - Juillet 1998 (modifié Aout 2000)
Sparks behavior
[Initial notes on which Juha and I agreed. The presented version follows exactly these notes, except the fact that in the representation one does not see the public in the screen. The Light-Image later received the name Sparks, because of its dynamics.]
A love story between the dancer and his Light-Image, his double in image, that sometimes escapes from him. My Other one.
The screen faces the public, the dancer is backstage. On the screen, a mirror image of the public, with the stage in the middle, but no dancer. The screen is a mirror of the room. There are sparks of light wandering on the screen.
The dancer arrives in the space between the screen and the public. But he does not appear on the mirror-screen. Instead, in the mirror, the sparks of light have gathered affectionately to form a cloud of whirling lights, having more or less the shape of the dancer. It is his Light-Image. His Light-Other. Himself, also, but in the other world, the world of images.
He moves, the sparks follow his movements. The cloud shrivels, amplifies the movements of the dancer. It is a toy for him. He admires himself, so beautiful. There is so much energy, so much pleasure in the movement. The lights dance with him, they jump, they come back, fast. Symbiosis, game, complicity.
Then they leave more and more, they start to take some freedom. They seem to want to play by themselves. The Light-Image detaches from the dancer. Slowly, coming back often. But it ends up by leaving completely.
She replays old movements. Elements of known movements. Alone. She has fun. She teases the dancer. She remembers too.
She ends up liking it. She goes further. She is even afraid of the dancer who tries to get close to her. She likes her freedom. But she ends up coming back. Then she leaves again. She is playful.
Him, falsely despising, tries to seduce her. To approach her. She flies, or not, it depends.
But she always comes back, in the end. And he ends up getting bored with her. It leaves the stage. She is sad. She replays the old movements. She ends up dying of loneliness.
Until he comes back.
Antoine Schmitt - July 1998 (modified August 2000)